Un Amour Intemporel

Une suite de la série "Orgueil et Quiproquos".

Chapitre 14 : Le grand voyage

Classé dans : Chapitre 14 — 18 décembre, 2012 @ 8:08

Quelques jours plus tard, les deux amoureux étaient prêts à partir. Amanda espérait juste qu’elle pourrait retourner dans sans époque en partant de Pemberley. Elle espérait aussi pouvoir retourner dans son ancien appartement sans croiser des personnes qu’elle connaissait. Pour cela, elle comptait demander à Elizabeth de l’aider.

Ils quittèrent Georgiana, qui avait invité une amie à séjourner chez elle (sur la suggestion et l’insistance de son frère) le temps qu’ils seraient partis. Amanda pria alors tous les saints pour que son plan marche. Elle pensa très fort à Londres, comme elle l’avait fait pour retrouver Elizabeth. Elle prit la main de Darcy, et marcha très vite jusqu’à passer la porte qui se dressait en face d’elle, les yeux fermés. Une fois la porte dépassée, Amanda mit quelques secondes avant d’ouvrir les yeux. À sa grande satisfaction, elle avait réussi ! Elle se trouvait sur Fleet Street.
Heureusement pour elle, Elizabeth n’habitait pas très loin. Ils partirent donc à sa rencontre. Elle avait un double des clés que lui avait confié Piranha,
qu’elle prêta à Amanda pour qu’elle puisse récupérer ses affaires. Amanda lui emprunta également un peu d’argent pour payer leurs tickets de bus. Ils se rendirent ensuite à l’arrêt de bus le plus proche. Ils s’arrêtèrent à Hammer Smith, et cheminèrent jusqu’à l’appartement. Amanda savait qu’il serait vide à cette heure, elle entra donc sereinement. L’appartement n’avait pas changé depuis son départ, à part peut-être la plaque de béton qui recouvrait le pan de mur par lequel elle avait accédé à l’Angleterre Géorgienne. « Un cadeau de Michael sans doute. » Elle se rendit dans sa chambre, qui avait été vidée de tous ses effets personnels, entassés dans des cartons. Son téléphone se trouvait sur la commode. Elle l’attrapa et l’embrassa. Elle se mit ensuite en quête de son portefeuille, qui contenait ses papiers d’identité et sa carte bancaire. Elle remercia Dieu de lui avoir permis de retrouver tous ses effets
importants. Pendant ce temps, Darcy la regardait chercher ses affaires, amusé de la voir pester ainsi lorsqu’un carton se renversait par terre. Puis, Amanda se changea, et prit une veste plus chaude que celle qu’elle avait en arrivant. Une fois chaque chose remise à sa place, Amanda referma la porte, et remit les clés dans sa poche. Elle dit alors à Darcy : « Vous devez porter des vêtements de cette époque ! Sinon, on risque de se faire remarquer…

-Euh, oui, comme vous voudrez. »

Amanda l’emmena donc dans divers magasins de Londres, où elle lui acheta deux jeans, un pantalon de ville, quelques chemises et T-shirts, trois sweats, une veste en cuir et une paire de baskets. « Et ben, heureusement que je ne vis plus ici, sinon je serais bientôt à découvert ! D’ailleurs, je me demande si de l’argent datant de 1813 vaudrait quelque chose dans les bureaux de change… J’irais voir, avec un peu de chance, ça pourrait marcher !

-Que veut dire “à découvert” ?

-Ҫa veut dire que j’aurais dépensé plus d’argent que je n’en ai.

-Ah.

-Bon, on va aller boire un café, et vous en profiterez pour vous changer. »

Ils se rendirent donc dans un Starbucks, en passant tout d’abord par un distributeur automatique. Darcy était abasourdi par cette époque tellement étrange. On pouvait récupérer son argent grâce à une grande machine à imprimer, et payer avec un morceau de plastique coloré. Les calèches allaient
sans chevaux, l’air était irrespirable et le bruit, infernal.

Ils s’installèrent à la terrasse, et Amanda commanda un café et un capuccino. Quand arriva la commande, Darcy regarda le capuccino d’Amanda d’un air intrigué. Elle sourit, et lui expliqua en quoi consistait cette boisson. « Ce genre de choses n’existe pas à mon époque.

-Je me doute. Néanmoins, c’est excellent. Vous voulez goûter?

-Pourquoi pas? »

Il goûta donc dans la tasse d’Amanda, mais la présence de la mousse lui donna une impression désagréable. Il se contenta donc de boire son café. Amanda paya, et ils s’en allèrent vers chez sa mère. Ils arrivèrent un quart d’heure plus tard. Amanda sonna, anxieuse. Sa mère lui ouvrit, étonnée de la voir. Elle se jeta dans les bras de sa fille et l’étreignit de toutes ses forces. « Mais ou tu étais passée? Piranha m’a raconté une histoire très étrange, et je n’ai pas vraiment compris…

-Justement, avant tout, je voudrais te présenter mon mari.

-Quoi ? Tu veux dire ton petit copain ?

-Non, je voulais bien dire « mon mari ».

-Tu plaisantes bien sûr ?

-Maman, je te jure que non !

-Mais, ma chérie…

-Laisse-moi t’expliquer, et je te jure que ça sera plus clair.

-Je veux bien. »

Ils entrèrent dans l’appartement, et s’installèrent à la table de la cuisine. Amanda lui expliqua alors ce qu’il s’était passé depuis qu’elle avait découvert Elizabeth Bennet dans sa salle de bain. Sa mère ne pût y croire. « Alors tu es vraiment mariée… Mon dieu, ma chérie, je suis si heureuse ! Mais j’ai tellement de mal à y croire…

-Je comprends…

-Le principal, c’est que tu sois heureuse. Monsieur, j’espère que vous vous occuperez bien de ma fille.

-Je vous le promets, lui répondit-il en prenant la main d’Amanda.

-Vous voulez passer quelques jours ici ?

-Je pensais aller voir papa d’abord, puis revenir ici avant de repartir chez nous.

-OK. Alors vas-y vite, ton frère est affolé depuis que tu es partie.

-Kev, affolé ? Tu plaisantes là ?

-Je sais qu’il a pas l’air comme ça, mais au fond, il t’adore.

-Si tu le dis. Bon, on y va, tâche de ranger ton appart’ pour la prochaine fois, c’est toujours autant le bordel depuis que je suis
partie !

-Allez, va-t-en !

-D’accord. À plus tard maman.

-Bisous ma chérie. »

Sur ces mots, elle referma la porte derrière Amanda. Elle emmena ensuite Darcy dans une station de location, pour louer une moto. Une fois celle-ci enfourchée, elle montra à Darcy comment se tenir, et lui recommanda de bien la tenir par la taille. Elle se délectait par avance de la réaction de son époux. Quand la moto rugit, Darcy lâcha Amanda, effrayé. Son épouse lui intima alors de bien se cramponner à elle, si il voulait rester en vie. Il s’exécuta, et Amanda démarra. Plus elle prenait de la vitesse, plus elle sentait son mari enserrer sa taille. Il était terrorisé ! Jamais une calèche n’aurait atteint une telle vitesse ! Il n’osait pas ouvrir les yeux. Il voulait demander à Amanda d’arrêter cet engin, mais il ne pouvait pas lâcher ses mains. Il se contenta donc d’attendre la fin de ce trajet épouvantable. Lorsqu’il osa ouvrir les yeux, Amanda était sur le point de s’arrêter sur une aire de repos. Dès qu’elle coupa le moteur, il sauta de cet objet diabolique et arracha son casque de sa tête. « Mais enfin Amanda, comment pouvez-vous monter sur un engin pareil ? demanda-t-il, visiblement très secoué.

-C’est très commun ici ! réussit-elle à répondre entre deux hoquets de rire.

-Mais n’est-ce pas dangereux ?

-Si bien sûr, mais vos équipages sont aussi dangereux ! Imaginez qu’un essieu se casse, et que la voiture se renverse ! L’effet est le même.

-Oui, mais cette vitesse…

-Quoi, le petit 110 ? Heureusement que je ne roulais pas plus vite alors ! Ne vous inquiétez pas, c’est un moyen de transport aussi sûr qu’un autre. » dit-elle pour le rassurer.

Il ne trouva rien à répondre à cela.

Ils repartirent quelques minutes plus tard, et Amanda remarqua que son époux la serrait moins fortement, ce qui la fit sourire. Ils arrivèrent une
vingtaine de minutes plus tard. Amanda sonna à la porte de chez son père, appréhendant sa réaction

Toutes mes excuses

Classé dans : Autres — 18 décembre, 2012 @ 7:37

Désolée à tous pour le retard, c’est vrai que j’ai été assez prise ces dernières semaines… J’ai eu un devoir assez long et important à rendre, qui m’a pris énormément de temps! Mais maintenant, je l’ai rendu, et je vais profiter des vacances pour me remettres à écrire, car je suis affreusement en retard… Je m’en excuse, car je n’ai aucun chapitre de terminé après celui qui suit. Il se pourrait alors que je prenne plus d’une semaine pour le prochain…

Je tenais aussi à m’excuser du caractère un peu simpliste de ce blog, mais je ne suis pas très bonne (pour ne pas dire nullissime) en informatique… Je sais me servir des fonctions de base, mais pour le reste, ne me parlez pas d’un logiciel qui fait ceci ou d’un programme qui fait cela…

Pour finir, je voudrais m’excuser à propos de mon écriture, pas toujours très au point. Il faut dire qu’avec certains temps je ne suis pas à l’aise, et je vous demande de ne pas être trop sévère à ce propos. ^^’

Merci à tous les lecteurs! :)

Darkesse

Chapitre 13 : Un désir de tendresse

Classé dans : Chapitre 13 — 9 décembre, 2012 @ 9:50

Amanda resta alitée pendant la semaine suivante, puis fut autorisée à se lever. Elle fit quelques pas, soutenue par son mari, qui avait peur qu’elle ne tombe. Elle se rendit en premier lieu à la salle de bain. La baignoire était pleine, il ne manquait plus qu’elle ! Elle se glissa dans l’eau chaude et commença à se détendre. Mais quelques minutes plus tard, la chaleur était telle qu’elle défaillit. Darcy vint s’enquérir de son état quelques minutes plus tard, et il lui demanda à travers la porte : « Amanda, mon amour, tout va bien ? » et n’obtint que le silence pour toute réponse. Il s’inquiéta, et commença à frapper de plus en plus fort sur la porte, et finit par entrer. Il vit alors sa femme, inconsciente, la tête en arrière, dans le vide, et la nuque pliée sur le rebord de la baignoire. Il la sortit immédiatement et l’allongea sur la banquette près de la fenêtre. Il lui tapota la joue, craignant le pire. A son immense soulagement, elle se réveilla, sans aucun souvenir de ce qui venait de se passer. Elle lui sourit, et il la serra dans ses bras. « Que me vaut cet élan de tendresse soudain ? » demanda-t-elle, amusée.

-Amanda, ne plaisantez pas avec ça, je vous en prie.

-Avec quoi ?

-Vous n’arrêtez pas de vous évanouir ! Mais peut-être trouvez-vous cela drôle ? lui reprocha-t-elle amèrement. De toute manière, vous ne prenez jamais rien au sérieux.

-Hein ? Calmez-vous enfin ! Je ne comprends même pas pourquoi vous m’agressez !

-Pardonnez-moi. Je dois dire que je suis quelque peu sur les nerfs en ce moment. Je n’arrive pas à dormir, car j’ai peur de vous quitter de yeux et qu’à mon réveil vous soyez… »

Elle se releva péniblement et l’embrassa pour le faire taire. « Ne vous inquiétez pas, je suis plus coriace que j’en ai l’air.

-Tout de même…

-Rien du tout. Il n’y a rien à ajouter à ça maintenant. »

Ils restèrent quelques temps l’un contre l’autre, puis Darcy fit monter leur dîner. Il fit ensuite appeler Georgiana pour qu’elle se joigne à eux, se rendant compte qu’elle avait été laissée seule longtemps pendant qu’il s’occupait de son épouse. Ils dînèrent joyeusement, et bavardèrent jusqu’à ce qu’Amanda s’endorme, épuisée.

Elle se réveilla en sursaut le lendemain matin, très tôt. Darcy ne dormait pas, alors elle en profita pour lui demander ce qu’il s’était passé la veille, ayant oublié de le faire. Il lui expliqua qu’elle s’était évanouie dans son bain et qu’il l’avait retrouvée inconsciente, alors qu’elle aurait pu se noyer. « C’est sûrement à cause de la chaleur. Cela m’arrive de temps en temps d’avoir un étourdissement en entrant dans la salle de bain. »

Peu de temps après, le médecin entra dans la chambre, et ausculta Amanda. La maladie était passé, mais elle devait rester alitée encore une semaine avant d’être totalement remise. Elle occupa donc son temps durant cette semaine en lisant et en discutant avec son époux et sa belle-sœur. Elle
écrivit aussi à Jane, bien qu’elle ne sache pas vraiment comment écrire une lettre dans un style parfait. Elle n’avait pas l’habitude des lettres, car à
son époque, elle avait les emails. D’ailleurs, son époque commençait à vraiment lui manquer. Outre le manque de sa famille, la nourriture lui manquait
également. Elle se demanda si son époux serait d’accord pour passer quelques jours chez elle, avant de se rendre compte qu’elle n’avait plus d’appartement. « Et toutes mes affaires sont encore chez Piranha… » se désola-t-elle. « Ma carte d’identité, ma carte bancaire, et mon téléphone que j’ai laissé la dernière fois… Bon, tant pis, je trouverais bien un moyen de les récupérer, enfin j’espère… ». Elle repensa avec nostalgie à son époque, se demandant s’il s’était passé des évènements importants pendant son absence. A ce propos, depuis quand était-elle partie ? Dix jours, six mois, un an ? Elle-même n’en était plus si sûre. Cela devait faire approximativement trois ou quatre mois depuis qu’elle avait franchi pour la première fois la porte du quatrième étage de la maison de Longbourn. Elle était tellement perdue dans ses pensées qu’elle n’entendit pas son époux entrer. Il s’assit sur le lit et l’embrassa tendrement. Elle lui demanda si elle pouvait se lever et faire quelques pas. Il l’y autorisa et l’aida à marcher. Ils descendirent ensuite dîner, et écoutèrent Georgiana au piano. Amanda se blottit contre Darcy, et ne tarda pas à s’endormir. Plus tard, il la porta jusqu’à sa chambre, et se coucha près d’elle. Le lendemain, Amanda se réveilla sur les coups de dix heures. Darcy était déjà levé depuis longtemps. Elle s’habilla et alla déjeuner. Sans surprise, elle constata qu’elle était seule. Elle déjeunait tranquillement lorsque Georgiana vint la rejoindre. Elles parlèrent pendant quelques
minutes, puis Georgiana changea brusquement de sujet  « Je voulais vous demander, comment avez-vous su que vous aimiez mon frère ?

-Houlà, on peut dire que c’est direct comme question ! Et bien, je ne saurais pas vous dire à quel moment je suis tombée amoureuse, mais ce qui est sûr, c’est que j’ai mis beaucoup de temps à m’en rendre compte…

-C’est-à-dire ?

-Et bien, au début, je trouvais votre frère plutôt séduisant il est vrai, mais son attitude envers moi m’a totalement dégoûtée. Il était tellement… Arrogant, détestable, j’en passe…

-Mon dieu, s’il entendait ça !

-En effet, que ferait Fitzwilliam Darcy s’il entendait ceci ? demanda ce dernier en entrant dans la pièce. A coup sûr il serait très affligé d’entendre que sa propre femme parle de lui en ces termes… »

Les deux femmes restèrent sans voix pendant quelques secondes, puis Amanda éclata de rire.

« Qu’y a-t-il de drôle ma chère ?

-Si vous m’aviez laissé finir, vous auriez su que ce que je pensais a changé.

-Et bien finissez dans ce cas !

-Ah non, vous m’avez interrompue, tant pis pour vous !

-Pardonnez-moi ma chérie. » minauda-t-il en l’embrassant pour la faire avouer.

« N’insistez pas, vous ne le saurez jamais ! » répondit-elle en riant.

En voyant ainsi son frère, Georgiana se demanda comment Amanda avait pu faire de lui un homme aussi tendre, elle qui avait manqué de marques d’affection de sa part. Elle se raisonna en se disant que le statut d’épouse était plus important qu le statut de sœur, que l’amour qu’il portait à Amanda passait au-dessus de l’amour fraternel, ce qui l’attrista.

Darcy proposa à ces dames de faire une balade à cheval, ce qu’elles acceptèrent avec joie.

Ils se préparèrent et se rendirent à l’écurie. Darcy partit au trot le premier, suivi de Georgiana, puis d’Amanda. Cette dernière rattrapa son mari, et chevaucha à ses côtés. A sa vue, le cœur de Georgiana se serra un peu plus, et elle partit seule au galop. Darcy demanda à Amanda ce que pouvait
bien avoir sa sœur. « Je n’en sais rien du tout…

-J’ai trouvé qu’elle paraissait réservée, pour ne pas dire troublée, depuis ce matin.

-Ah ? Je n’ai rien remarqué…

-Peut-être est-elle souffrante…

-J’essayerais de voir avec elle ce qui ne va pas. Je ne pense pas qu’elle soit souffrante. Une femme sent lorsqu’une autre femme a un problème, c’est ainsi.

-Ne vous attribuez pas le don de voyance, ce serait exagéré ma chère !

-Très drôle ! Je n’ai rien dit de tel !

-Je plaisante mon amour ! »

Ils chevauchèrent quelques minutes en silence, puis Amanda rompit le silence. « Dites-moi, je… Je me demandais si vous accepteriez de… De venir avec moi à mon époque…

-Pardon ?

-Oui,  je voudrais aller voir mes parents. Ils me manquent tellement…

-Je comprends, mais je ne pense pas que ce soit une bonne idée que j’aille là-bas.

-S’il vous plaît ! J’aimerais tellement vous présenter à mes parents, si vous saviez !

-Amanda…

-Darcy, je vous en prie !

-Si vous insistez, mais pas plus d’une semaine !

-Oui, je vous le promets ! » s’écria-t-elle avant de lui sauter au cou par chevaux interposés.

Darcy était heureux de faire plaisir à son épouse, avec tout ce qu’il s’était passé ces dernières semaines… Mais il ne savait pas comment il allait supporter tout ceci. Il avait vu tant de choses qui l’avaient choqué…  Néanmoins, il voulait rencontrer les parents d’Amanda, pour leur assurer qu’elle allait bien et ne manquait de rien. Après tout, il ne serait pas seul, car Amanda allait être présente à ses côtés pendant toute leur « escapade ».

Ils décidèrent de rentrer, car Amanda avait un peu froid. Elle se pressa de rejoindre le salon, où un feu l’attendait. Elle se mit le plus près de la cheminée et laissa les flammes la réchauffer. Georgiana, qui pensait trouver le salon vide, entra sans un mot. Elle s’assit le plus loin possible d’Amanda, voulant être seule. Après réflexion, Amanda finit par la rejoindre. Elle lui demanda si tout allait bien. Georgiana lui répondit que oui, mais éclata en sanglots. Amanda l’amena contre elle et la réconforta du mieux qu’elle pût. Quand elle se calma, Amanda lui demanda ce qui pouvait la mettre dans cet état. Georgiana refusa de lui dire, prétextant que ça n’allait pas lui plaire. Malgré tout, à force de réconfort et de cajoleries, Georgiana
finit par lui ouvrir son cœur. « C’est à cause… En réalité, c’est de voir que mon frère est si tendre avec vous, alors qu’il ne m’a jamais prise dans ses bras. Bien sûr, je sais qu’il me protège, par exemple lors de ce qu’il s’est passé avec Wickham, mais il ne m’a jamais dit qu’il m’aimait, ou d’autres choses approchantes… Alors qu’avec vous, il est si… Si doux, si gentil…

-Oh, je suis vraiment désolée… Je ne pensais pas que cela vous causerait autant de peine. Voulez-vous que je lui en parle ?

-Oh, non, je ne voudrais pas qu’il se sente obligé…

-Écoutez, si vous ne lui en parlez pas, rien ne changera jamais. Je lui en parlerais ce soir, faites-moi confiance.

-Merci beaucoup, Amanda.

-C’est normal. » dit-elle en prenant la main de sa belle-soeur.

Elle-même allait faire un effort pour être plus proche de Georgiana. Mais, il lui revenait en tête ce projet de retourner à son époque. Elle ne savait que faire… Devait-elle l’emmener ? Elle ne supporterait peut-être pas un voyage pareil. Elle prévoyait de faire un premier voyage avec seulement son époux, et pourquoi pas envisager d’emmener sa belle-sœur la fois suivante. Malgré tout, elle ne se sentait pas la force de lui parler de ce projet.

Plus tard, Amanda prit congé pour prendre un bain. Elle se détendit dans la salle de bains, et se prépara pour le dîner. Elle descendit, et trouva son mari déjà à table. Elle voulut lui parler de Georgiana, mais trouva préférable d’attendre d’avoir rejoint la chambre à coucher. Ils attendirent donc Georgiana, qui les rejoignit moins de cinq minutes plus tard. Ils dînèrent, et Georgiana monta se coucher peu après. Pendant ce temps, Darcy et Amanda se rendirent dans le salon, et s’installèrent sur le sofa le plus proche de la cheminée. Elle se blottit dans ses bras, et il lui demanda si elle
avait parlé à sa sœur. Elle lui répondit que oui. « Pourrais-je avoir d’autres précisions ?

-Et bien, elle a remarqué que vous êtes très tendre avec moi, alors que vous ne l’avez jamais été avec elle.

-C’est-à-dire ?

-Vous me prenez dans vos bras, vous m’embrassez devant elle, et je pense que ça l’attriste, et qu’elle voudrait être à ma place, dans vos bras.

-Oh, c’est donc ça… Je ne pensais pas qu’elle attendait cela de ma part. Maintenant que j’y pense, c’est évident… J’aurais dû le voir plus tôt ! Je n’ai pas du tout pensé que cela pourrait lui faire de la peine… C’est vrai, je n’ai jamais pris ma sœur dans mes bras, alors que vous…

-Oui, c’est ce que j’ai pensé aussi. Mais à partir de maintenant, nous devons faire un effort.

-Oui, bien sûr.

-D’ailleurs, nous pourrions peut-être l’emmener avec nous ?

-J’y avais pensé justement, mais je pense qu’il serait mieux que nous y allions tous les deux pour commencer, car je ne suis pas sûre qu’elle supporterais le voyage. Comme ça, vous pourrez tâter le terrain, puis nous l’emmènerons une prochaine fois.

-Hum, vous avez raison, je suppose.

-Comme toujours mon cher. » lui répondit-elle en souriant.

« Ah oui, vous croyez ? » la taquina-t-il en la chatouillant.

Il l’attira contre lui et l’embrassa passionnément. Puis, il la porta jusqu’à la chambre à coucher.

Chapitre 12 : Une maladie violente

Classé dans : Chapitre 12 — 29 novembre, 2012 @ 8:51

Le lendemain, la fièvre avait encore augmenté, et Amanda se réveilla très agitée. Elle pouvait à peine bouger, et réclamait son mari sans cesse, même si il était près d’elle.

« Darcy ! Ne partez pas, je vous en supplie !

-Je suis là Amanda, je ne vous quitte pas.

-J’ai si chaud ! Et si froid !

-Je vais faire appeler mon médecin.

-Non, ne partez pas ! Si vous partez, il ne vous laissera pas revenir !

-Qui donc ?

-Lui. Il est là, tout près, il nous observe ! Je le sens.

-Mon amour, il n’y a personne d’autre ici que vous et moi.

-Vous ne le voyez donc pas ! Il est là, près d’ici.

-Calmez-vous, je ne laisserais rien vous arriver, je vous le promets. »

Il appela sa sœur pour qu’elle veille sur elle le temps qu’il dépêche un domestique à Londres chez son médecin. Il revint le plus vite possible, et resta à son chevet toute la journée, ne s’absentant que pour se restaurer et chercher à manger pour sa pauvre épouse. Elle ne mangea rien, et continua à délirer jusqu’à l’arrivée du médecin, tard dans la soirée. Il diagnostiqua une montée de fièvre qui n’allait pas s’arrêter, des crises d’angoisse et peut-être même d’hystérie. Il se retira, et promit de revenir le lendemain pour examiner son état de nouveau. Darcy s’assit sur une chaise qu’il avait approchée du lit, prit la main d’Amanda, et lui parla alors qu’elle était endormie. « Amanda, mon amour, je suis si désolé. Jamais je n’aurais dû faire ce que j’ai fait, c’était réellement inconscient de ma part. Au fond, vous avez eu raison d’agir comme vous l’avez fait, et je n’aurais pas dû vous infliger tous ces reproches. J’aurais mérité que vous partiez à jamais, pour me punir de ma faute. Tout arrive à cause de moi, je suis vraiment un mauvais mari. Je ne mérite pas votre amour. Pardonnez-moi… Pardonnez-moi… »

Il pleurait. Sa sœur entra à ce moment, et il essuya ses larmes. Il ne voulait pas qu’elle le voie faible. « Comment va-t-elle ?

-Son état ne s’améliore pas.

-Le médecin ne doit-il pas venir ce matin ?

-Il va arriver. »

Et quelques minutes plus tard, il était dans la chambre. Il examina Amanda, et prit Darcy à part. Amanda se réveilla à ce moment, et put entendre leur conversation. « J’ai de mauvaises nouvelles. Je crains qu’il n’y ait pas beaucoup d’espoir. La fièvre est très haute, et elle n’a pas l’air de baisser. Je suis désolé, mais il n’y a que très peu de chance qu’elle n’y survive.

-Quoi ? Mais, vous êtes médecin, vous devez la sauver ! Je vous en prie, vous devez faire quelque chose !

-Je ne peux plus rien faire, je suis navré.

-Tout est da ma faute… »

Il sortit de la pièce, et alla prendre l’air. Il était désespéré. Il se sentait affreusement coupable. Il erra un long moment dans les jardins, puis se souvint qu’il avait laissé Amanda seule. Il retourna à sa chambre, et vit qu’Amanda était très agitée. Il s’assit auprès d’elle et prit sa main. Elle se réveilla en sursaut, et cria « Darcy ! Protégez-moi, je vous en supplie !

-Mais de quoi mon amour ?

-Ils ont dit que j’allais mourir.

-Qui a dit ça ?

-Le… Médecin… »

Il ne voulait surtout pas qu’elle entende ce que le médecin et lui s’étaient dit. Il pensait qu’elle dormait. Il essaya de la rassurer du mieux qu’il pût. « Ce n’était qu’un rêve mon ange.

-Non, je sais ce que j’ai entendu ! Oh mon dieu, j’ai si mal…

-Reposez-vous ma chère, vous en avez besoin.

-Non ! Si je m’endors, je ne me réveillerais plus ! Je le sais !

-Il ne vous arrivera rien, je vous le promets. »

Il la serra dans ses bras pendant un long moment. De son côté, elle luttait contre le sommeil qui la gagnait peu à peu. Elle ne voulait pas dormir. Elle s’endormit néanmoins pendant une quinzaine de minutes, et se réveilla en sursaut. Darcy n’était plus là. Elle se leva, sortit de sa chambre en courant, mais ne réussit pas à atteindre l’escalier avant de s’évanouir.
Darcy la trouva ainsi quelques minutes plus tard. Il se dépêcha de la remettre dans son lit, et se promit de ne plus la quitter. Elle se réveilla quelques
minutes plus tard et murmura « Oh, ma tête…

-Amanda, mon amour, pourquoi vous êtes vous levée ?

-Je… Je vous cherchais.

-La prochaine, attendez-moi, je ne suis jamais loin. »

C’était un des rares moments où Amanda était consciente de ses actes. Mais cela ne dura pas. Quelques minutes plus tard, elle se remit à délirer et à trembler. Darcy était dans tous ses états, à chaque instant il craignait que sa femme ne sombre à tout jamais dans la folie, puis dans le sommeil éternel. Elle resta dans cet état pendant presque cinq heures, qui parurent interminables à son époux. Elle criait, prononçait des phrases dénuées de sens et
refusait que quiconque la touche. Quand la crise prit fi, elle s’endormit presque aussitôt. Le médecin arriva quelques minutes plus tard, appelé par
Darcy. Il profita de son sommeil pour l’examiner, et indiqua que la fièvre commençait à baisser. Darcy soupira de soulagement, mais le médecin le mit en garde : il ne devait pas la laisser sans soins, sinon la fièvre remonterait. Il prit congé, et Darcy retourna au chevet de sa chère et tendre. Il avait eu si peur de la perdre. « Amanda… » commença-t-il, mais il ne put prononcer un mot de plus. Il était trop bouleversé pour dire quelque chose.

Elle se réveilla près de deux heures plus tard, en sursaut. Elle voulut se relever, mais Darcy l’en empêcha. « Restez couchée mon amour, vous êtes trop faible.

-Faible ? Pourquoi serais-je faible ?

-Et bien, votre fièvre…

-Quelle fièvre ? De quoi parlez-vous ?

-Vous ne vous souvenez pas de ce qu’il s’est passé ?

-On dirait bien que non… Expliquez-moi !

-Vous vous souvenez de ce qu’il s’est passé à Rosings quand vous avez vu Lady Catherine pour la dernière fois ? »

Elle réfléchit un instant, et se souvint. « Ah oui ! Je m’en souviens bien, même très bien…

-Et ce qu’il s’est passé ensuite ?

-Euh… Je me souviens de quelques détails, mais c’est flou… Je me revois sortir en courant sous la pluie et… Plus rien.

-Et bien vous êtes sortie sous la pluie en effet, et vous êtes restée dehors pendant quelques heures, et vous étiez fiévreuse quand je vous ai ramenée à la maison.

-Mais pourquoi je suis restée autant de temps dehors sous la pluie ? Je ne suis pas folle !

-Je… Comment dire ? Nous nous étions disputés. A propos de Lady Catherine.

-Ah oui, ça me revient maintenant…

-Amanda, je suis vraiment désolé, je n’aurais jamais dû faire ce que j’ai fait. Je vous aime tellement, j’ai tellement cru vous perdre pendant ces jours qui m’ont paru sans fin… Je ne saurais pas vous dire à quel point je regrette tout ce qui s’est passé. Pardonnez-moi, je vous en prie.

-Bien sûr mon amour, tout est pardonné.

-Merci.

-Mon dieu, je me damnerais pour un bain !

-Oh, non, vous n’êtes pas encore en état de vous lever.

-Faites-moi apporter au moins une bassine, que je puisse me débarbouiller ! Sinon je vais me sentir mal à l’aise.

-Je vous apporte ça. » répondit-il avant de lui voler un baiser.

Elle resta donc seule dans sa chambre, encore ébranlée de ce qu’elle venait d’entendre. Elle savait tout ça, mais elle n’avait jamais réalisé avoir frôlé la mort. Et pour couronner le tout elle était cloîtrée dans son lit ! Elle se mit à penser à sa mère, et à sa réaction si elle avait su ce que sa fille avait enduré. « Mieux vaut qu’elle ne soit pas au courant ! Elle m’en aurait fait une crise… » Elle éprouva de la nostalgie à penser à sa mère, et à sa grande surprise, son frère lui manquait également.

Darcy réapparut quelques minutes plus tard avec une bassine d’eau chaude, du savon et des serviettes. Elle se trempa les cheveux dans l’eau en poussant un soupir de soulagement. Elle avait le sentiment qu’elle n’avait jamais pris de douche auparavant. Elle se sécha les cheveux avec une serviette et regretta son sèche-cheveux. Cependant, la chaleur de l’eau lui était montée à la tête, et elle se sentit mal un instant. Darcy était très inquiet, il avait du mal à croire que la fièvre était passée. Plus tard, il leur fit apporter à manger dans la chambre, puis il lui fit la lecture jusqu’à ce qu’elle
s’endorme. Il se coucha près d’elle et la serra très fort contre lui. Malgré
cela, il ne parvint pas à trouver le sommeil, et se contenta de surveiller sa chère Amanda.

Chapitre 11 : Une visite qui tourne mal

Classé dans : Chapitre 11 — 21 novembre, 2012 @ 3:56

Le lendemain, Amanda descendit déjeuner seule, car son mari dormait encore, et y trouva seulement Georgiana. Elles se saluèrent, et Amanda engagea
la conversation. Elles parlèrent pendant plus d’une demi-heure avant que Jane ne se présente à la table du petit déjeuner. Georgiana prit congé quelques minutes plus tard, laissant les deux amies seules. Un domestique entra, et remit une lettre à Jane qui l’ouvrit sur le champ. « Elle vient de mon père. Il me demande d’aller voir M. Collins pour lui présenter les amitiés de notre famille.

-Quoi ? A-t-il oublié ce qui s’est passé entre vous ? Il ne pouvait pas demander à quelqu’un d’autre de le faire ?

-Il savait que je me rendais ici, et il en a profité. Viendrez-vous avec moi ? Je ne me sens pas le courage d’affronter cela toute seule.

-Bien sûr, j’allais justement vous le proposer.

-Merci beaucoup ! »

Les hommes arrivèrent quelques minutes plus tard. A peine eurent-ils salué leurs épouses respectives qu’Amanda demanda : « Jane
a reçu une lettre de son père qui lui demandait de rendre visite à M. Collins, vous viendrez avec nous bien sûr ? ».

Ils ne surent quoi répondre, et Darcy bafouilla :
« Nous avions des projets pour cet après-midi, désolés de ne pouvoir nous joindre à vous.

-Quel genre de projets ?

-Et bien, en vérité, nous avions dans l’idée de… Euh… Bingley, aide-moi s’il te plaît !

-Oui, nous voulions emmener Georgiana chez sa couturière.

-Vous avez besoin d’être deux pour ça ? Elle peut très bien y aller seule. Mais enfin laissez tomber, vous auriez trouvé une autre excuse si il n’y avait pas eue celle-ci. Je vous connais, vous êtes tous pareils. Vous vous débinez devant le moindre obstacle. Moi au moins je soutiens mon amie dans ce moment difficile pour elle en l’accompagnant. »

Ils ne trouvèrent rien à répondre, et baissèrent la tête sur leurs assiettes, honteux. Elles continuèrent à discuter sur l’épineux sujet de la visite à M. Collins. Elles finirent ainsi leur petit-déjeuner, et se mirent en route. Jane était très inquiète, car elle se doutait que M. Collins n’avait
pas apprécié ce qu’il s’était passé entre eux. Elle ne dit presque rien pendant tout le trajet, perdue dans ses pensées. Amanda respecta son silence, et se
contenta de regarder le paysage qui s’offrait à elle. Ils arrivèrent, et en descendant de la voiture, Amanda eut un mauvais pressentiment. Elles firent
quelques pas, et Amanda s’exclama : « C’est la voiture de Lady Catherine ! On fait quoi ?! »

-Voulez-vous que nous fassions demi-tour ? »

Amanda réfléchit un instant, et répondit : « Non. Venez, je dois lui faire face. Je ne me débinerais pas, c’est certain.

-Êtes-vous sûre de le vouloir ?

-Allons-y. »

Elles marchèrent jusqu’à l’entrée, puis une domestique les fit entrer. A la vue d’Amanda, Lady Catherine se leva précipitamment et cria : « M. Collins, je prend congé immédiatement ! Vous avez à l’évidence de douteuses fréquentations ! Je dois sortir, avant que l’odeur ne me devienne insupportable ! »

Amanda, qui ne cherchait qu’une occasion de montrer à Lady Catherine à quel point elle aussi pouvait être désagréable, lui répondit :
« Vous avez senti vous aussi ? Dès que je suis entrée, cette odeur atroce de vieille aristocrate m’est montée au nez !

-Comment osez-vous ? Mlle Price, je vous ordonne de partir immédiatement !

-Vous n’avez rien à m’ordonner. Je ne suis pas sous vos ordres. Je m’en félicite d’ailleurs, et je me demande comment votre neveu a fait pour vous supporter jusqu’ici, car moi, je ne vous connais pas depuis un an que je vous considère comme la personne la plus stupide, la plus vaniteuse et la plus
détestable femme que je connaisse !

-Jamais on avait osé me traiter de la sorte !

-Vous l’avez déjà dit lors de notre rencontre, la dernière fois. Je crois que vous radotez… »

Lady Catherine ne trouva rien à répondre, et s’en alla, furieuse. Les deux témoins de la scène furent ébahis, et M. Collins s‘écria : « Comment avez-vous pu parler à Sa Seigneurie de cette façon ! C’est impensable ! »

Malgré tout, il les invita à s’asseoir, et ces dames restèrent en sa compagnie pendant presque une heure, puis repartirent. En s‘installant dans la voiture, Jane dit à sa compagne : « Vous avez été incroyable, Amanda ! Jamais je n’aurais soupçonné chez vous cette répartie à toute épreuve !

-Cela m’a soulagé ! Je me sens beaucoup mieux maintenant !

-Je me doute bien. » lui répondit Jane en riant.

Le trajet de retour fut très joyeux, et elles furent de retour à Pemberley sur les coups de quatre heures. Elles riaient encore de ce qu’il s‘était passé, si bien que Darcy leur demanda la raison de leur hilarité. Amanda commença à lui expliquer, et elle était tellement concentrée sur ce qu’elle disait qu’elle ne vit pas que le visage de son mari s’empourprait au fur et à mesure qu’elle avançait dans son récit. Quand elle eut fini, Elle regarda son mari, et à peine eut-elle compris qu’elle n’aurait peut-être pas dû lui raconter cette histoire que ce dernier s’écria : « Amanda, êtes-vous
complètement stupide ? Mon dieu, je n’y crois pas ! Avez-vous seulement réfléchi aux conséquences ?! Ici, on n’insulte pas les gens aussi ouvertement qu’on a visiblement coutume de le faire dans votre monde ! Je pensais que vous étiez assez intelligente pour comprendre cela, mais je me rends compte que j’aurai dû vous l’expliquer ! C’est la chose la plus stupide que vous pouviez faire ! Vous donner en spectacle de cette façon, et devant Collins en plus ! Je vous félicite Amanda ! ». Cette dernière ne répondit rien, mais elle était blessée et humiliée par ses paroles. Elle monta dans sa chambre en
courant, mit son jean, une tunique quelconque, des baskets et une veste, et redescendit en hâte. Darcy lui demanda : « Où allez-vous maintenant ?

-N’importe où plutôt qu’ici ! » hurla-t-elle avant de sortir en courant. Elle courait de plus en plus vite à en perdre haleine, pour s’empêcher de pleurer. Malheureusement, ce n’était pas très efficace. Elle continua cependant à courir pendant près d’une demi-heure, et s’arrêta, essoufflée. Elle essaya de se repérer, et elle vit qu’elle était déjà sortie du parc de Pemberley. Elle continua à marcher, s’enfonçant dans la forêt. A peine cinq minutes plus
tard, il se mit à pleuvoir à torrent, et elle fut très vite trempée jusqu’aux os. Elle continua cependant de marcher, pendant presque trois heures, lorsque
Darcy, qui était parti à sa recherche, la retrouva. Il sauta à terre dès qu’il fut près d’elle, coura dans sa direction et s’excusa pour ce qu’il avait dit. Amanda répondit quelques mots, et monta sur le cheval de son mari. Ils galopèrent pendant quelques minutes, et Amanda commença à avoir mal à la tête. Elle se sentait défaillir, et glissa sur le côté. Darcy s’en aperçut, et descendit afin de se mettre derrière elle pour la tenir. Lorsqu’ils arrivèrent
à Pemberley, elle s’était évanouie. Il la porta dans sa chambre, la fit changer, et alluma un feu. Il resta auprès d’elle jusqu’à son réveil, moins de
deux heures plus tard. Elle était très fatiguée et souffrait d’un mal de tête. Elle avait également un peu de fièvre, mais rien d’inquiétant selon son mari.
Il la prit dans ses bras et la cajola longuement, sans se rendre compte qu’elle s’était rendormie. Il la laissa donc, le temps de demander aux domestiques de prendre soin de son épouse. Il revint dans la chambre, et prit la température d’Amanda, qui avait beaucoup augmenté en à peine quelques minutes. Il ne prit pas la peine de faire venir son médecin, pensant que le mal n’était que passager.

Chapitre 10 : un cadeau unique

Classé dans : Chapitre 10 — 13 novembre, 2012 @ 7:08

Le lendemain, Amanda se réveilla dans le même état que la veille. Elle était seule dans son lit, son mari étant déjà en conversation avec son ami pour convenir d’une activité qui la distrairait. Elle s’habilla donc lentement, et descendit déjeuner. Elle ne trouva dans la salle à manger que Bingley, qui finissait ses toasts. Il la salua joyeusement, et s’enquit de sa santé. Elle lui répondit brièvement qu’elle allait mieux que la veille. Il se mit alors à parler de projet qu’il avait, tant qu’il était dans la région, ce à quoi Amanda fit mine de s’intéresser, alors qu’elle n’écoutait presque pas. Son interlocuteur s’en rendit compte, et n’insista pas. Il prit congé et la laissa déjeuner en paix. Il alla voir son ami pour lui faire part de l’état de sa femme, qui n’avait pas évolué positivement. Darcy décida d’agir, mais ne savait comment procéder. Il réfléchit, et pensa aux évènements des dernières semaines. Il aurait voulu qu’elle aille voir sa famille, mais il ne savait pas comment retourner à Hammer Smith. Il pensa également à cette balade à cheval qu’elle avait fait quelques jours plus tôt. Peut-être que lui offrir un cheval dont elle pourrait prendre soin serait un moyen de l’occuper ? Il fit cette réflexion à Bingley, puis à Jane, et ne reçut que des réponses positives. Il se dirigea donc vers les écuries, et demanda quel cheval conviendrait le mieux pour une jeune femme qui n’a plus l’habitude de monter. On lui indiqua Tuptim, la jument qu’Amanda avait montée lors de cette fameuse balade. Il prévint donc
les domestiques qu’à partir de cet instant, la jument servirait à l’usage personnel de Mme Darcy. Il revint à la salle à manger, salua Amanda, attendit patiemment qu’elle finisse de manger, puis l’emmena aux écuries. Il lui présenta la jument comme la sienne, assignée à son usage personnel. Amanda ne pouvait y croire.
C’était la première fois que quelqu’un lui offrait un présent aussi coûteux. C’était vraiment la jument dont elle avait toujours rêvé. Pas trop grande,
comme elle, avec une sublime robe noire. Elle sauta dans les bras de son mari et l’embrassa passionnément. Elle retrouva très vite sa gaieté, et demanda si elle pouvait faire une promenade. Il lui accorda bien évidemment cette faveur, et lui demanda la permission de l’accompagner. Elle l’embrassa de nouveau, et courut jusqu’à sa chambre pour se changer. Elle devrait bientôt demander à sa couturière de lui faire une tenue confortable, ou elle serait obligée d’emprunter les pantalons de son mari. Elle enfila donc son jean, sa tunique et la paire de bottes qu’elle avait empruntée à Georgiana. Elle retourna tout de suite aux écuries, et demanda à seller elle-même sa jument. Elle monta, observée par son époux, qui appréhendait de la voir monter à nouveau. Sa chute lui revenait en mémoire, et même si elle n’avait rien eu, il était inquiet.
Cette fois-ci, il comptait bien la surveiller de près. Ils commencèrent par faire le tour de la demeure au pas, puis se mirent à trotter quelques minutes, puis Darcy partit au galop. Amanda prit ça comme une provocation, mais décida de ne rien faire. Il revint vers elle et dit « Je suis fier de vous mon
amour, vous n’avez pas réagi comme je pensais que vous le feriez.

-C’est-à-dire ?

-Et bien, vous êtes très spontanée, alors je pensais que vous alliez réagir très vite et de manière excessive.

-On dirait que je change. Ça doit être grâce à vous.

-Alors je m’en félicite. Si vous le désirez, je peux vous apprendre à galoper petit à petit. Qu’en dites-vous ?

-C’est d’accord ! »

Pour ce faire, il monta derrière elle, afin qu’elle ne tombe pas, et lui demanda si elle était prête pour un premier essai. Elle lui
répondit qu’elle était prête, alors il intima à la jument d’aller au galop. Amanda était un peu angoissée, mais elle savait qu’un ange l’empêcherait de
tomber, alors elle oublia vite cette peur pour ne sentir que l’adrénaline qui montait en elle. Elle sourit, et se concentra sur les rênes. Au bout de quelques minutes, Darcy demanda à sa chère et tendre de s’arrêter.
« Alors, comment s’est passé cette tentative ?

« C’était génial. Je sentais le vent dans mes cheveux, j’étais si bien…

-Je suis heureux que cela vous ait plu. Maintenant, je voudrais que vous essayiez seule.

-Seule ? Vous êtes sûr ?

-Je serais juste là si le moindre problème devait survenir. Ne vous inquiétez pas. »

Il l’embrassa avant de descendre. Elle se prépara mentalement, revit les gestes et l’attitude à avoir, et se lança. En quelques secondes à peine, elle était au galop. Elle se libéra peu à peu de l’appréhension qu’elle avait en elle, et se détendit. Darcy la regardait, fier de son épouse adorée. Il la trouvait tellement belle, les cheveux au vent. Il avait parfois du mal à réaliser qu’elle était devenue son épouse. Il repensait à ce qu’il s’était passé depuis leur rencontre quand arriva devant lui l’objet de ses pensées. Il lui sourit, la félicita et l’aida à descendre. « Alors, c’était bien ?

-Vous étiez parfaite ma chère. Peut-être avez-vous faim maintenant ? Je pense qu’il est l’heure de  déjeuner. Rejoignons nos amis avant qu’ils ne s’inquiètent. »

Ils rentrèrent de ce pas, et en effet, il était l’heure du déjeuner. Ils rejoignirent leurs invités dans la salle à manger, et s’installèrent.

Peu après le déjeuner, Jane et Amanda partirent se promener à pied pendant plus de deux heures. Elles rentrèrent en fin d’après-midi, exténuées.
Amanda monta faire sa toilette, puis se prépara pour le dîner. Elle redescendit une heure plus tard et se rendit au salon de musique, persuadée d’y trouver Georgiana. Malheureusement, cette dernière ne s’y trouvait pas. Elle se promena donc au rez-de-chaussée pour passer le temps. C’est alors qu’elle croisa Bingley, qui lui demanda si elle était perdue. Elle lui répondit qu’elle ne faisait que se promener. Bingley, qui pensait qu’elle recommençait à être mélancolique, lui prit le bras et l’emmena au salon. Ils bavardèrent pendant presque vingt minutes lorsqu’ils furent interrompus par l’entrée de Darcy, sui leur annonça que le dîner était servi. Ils se rendirent donc à la salle à manger. Amanda était affamée, et mangea plus que de coutume, car elle n’avait
pas beaucoup mangé ces derniers temps. Elle avait totalement oublié sa peine, ce qui ravissait son mari et ses amis. Elle était rayonnante. Après le dîner, Les Bingley, Darcy et sa sœur jouèrent au whist, observés par Amanda qui tentait d’apprendre les règles. Elle se souvînt que lorsqu’elle était plus
jeune, elle avait essayé d’apprendre les règles de la manille en observant ses grands-parents et leurs amis, mais n’avait jamais réussi. Elle se découragea
donc d’apprendre le whist, et se contenta de regarder la partie. Darcy se proposa de lui apprendre, mais elle refusa, prétextant de ralentir leur partie.
Ils jouèrent quelques parties, puis Georgiana exprima le désir d’aller se coucher. Les hommes montèrent également se coucher, mais Jane et Amanda restèrent quelques temps à bavarder.

Chapitre 9 : Une rencontre redoutée

Classé dans : Chapitre 9 — 5 novembre, 2012 @ 12:14

Le lendemain matin, Darcy réveilla sa chère et tendre très tôt, et lui annonça une nouvelle des plus surprenantes. « Amanda, je suis désolée de vous imposer ça, mais… Nous devons aller voir Lady Catherine.

-Pardon ? Mais pourquoi ?

-Je désirerais m’entretenir avec elle sur ce qu’il s’est passé, et je voudrais que vous soyez là.

-Oh non… Tout ça va mal tourner ! Je n’ai pas respecté mon engagement, et je suis même allée contre ! Je sens bien qu’elle ne va pas me pardonner aussi facilement. Darcy, cela va très mal se passer, je le sens…

-Ne vous inquiétez pas, je suis là. Elle ne pourra rien faire tant que je serais là. Je vous protégerais.

-Je suppose que je n’ai pas le choix…

-Amanda, ne faites pas l’enfant, et préparez-vous. »

Ils partirent donc de bon matin vers le Kent, et vers la demeure de la redoutée Lady Catherine, Rosings Park. Pendant le trajet, Amanda eut tout le loisir d’imaginer la réaction de Lady Catherine, et dans tous les cas, elle état vraiment en colère. Elle essaya de s’endormir, mais était bien trop angoissée pour y parvenir.

Le trajet prit fin, bien trop vite au goût d’Amanda. Darcy l’aida à descendre de la voiture, puis ils entrèrent dans l’imposante demeure. Un domestique les annonça lorsqu’ils furent derrière la porte du salon, où se trouvait Lady Catherine. Ils eurent donc tout le loisir de l’entendre crier : « Comment ? Ai-je bien entendu ? Mais comment osent-ils ? Croient-ils que je vais les accueillir et leur servir une tasse de thé ? Je n’ai jamais vu pareil comportement ! Jamais Fitzwilliam n’aurait osé faire cela auparavant ! ».

Lorsqu’il entendit ces mots, Darcy prit la main de sa compagne, et la serra de plus en plus fort à mesure que le monologue de sa tante se faisait plus dur. Néanmoins, elle les fit entrer, et les salua froidement. Darcy voulut engager le conversation : « Ma tante…

-Je vous interdis de m’appeler ainsi ! Je ne suis plus votre tante ! Vous avez déshonoré la famille !

-Écoutez, je suis désolé que ce que j’ai fait vous ai causé tant de désagréments, mais j’ai fait tout ça en connaissance de cause. Je ne regrette absolument pas ce que j’ai fait.

-Ne voyez-vous pas qu’elle vous a ensorcelé ? Enfin Fitzwilliam, je vous pensais plus intelligent !

-Je ne vous permets pas ! Si vous avez des reproches à formuler, elles seront contre moi. Amanda n’a rien fait. C’est moi qui l’ai demandée en mariage. Je suis à l’origine de tout cela.

-Ah oui, Mlle Price… N’avions-nous pas un accord ? Je pensais qu’en échange de l’annulation du mariage, vous accepteriez de faire ce que je vous demandais. Cela n’était pas si compliqué après tout.

-Vous m’aviez demandé s vos conditions me semblaient acceptables. J’ai dit oui sans réfléchir, puis je me suis aperçue qu’elles allaient à l’encontre de ce que je voulais.

-Oh ! Je vous que vous vous rebellez Mlle Price. Oui, je vous appelle ainsi car c’est votre véritable nom. Jamais je ne pourrais consentir à vous appeler Darcy. Vous n’êtes qu’une sorcière ! Mon dieu, Fitzwilliam, comment avez-vous pu être attiré par elle ? Elle est quelconque, sans fortune, sa réputation familiale est au trente-sixième dessous, et elle n’a ni éducation ni rang. Elle ne sait pas jouer de musique, ne dessine pas… Vous n’auriez pas pu choisir pire épouse ! Même Lady Ambrosia, cette truie des Bennet, n’aurais pu être pire !

-Je ne vous permets de parler de mon épouse en ces termes ! Je ne vous autorise pas à parler d’Amanda de cette façon !

-Jamais on avait osé me traiter de la sorte ! Partez maintenant, ou je serais obligée de vous faire chasser d’ici ! »

Ils obéirent, et s’en allèrent. Amanda était très choquée. Cela dépassait tout ce qu’elle avait pu imaginer. Ils montèrent en voiture, et Darcy s’excusa brièvement, avant de se plonger dans ses pensées. Amanda quant à elle, se tourna vers la fenêtre, et pleura en silence. Elle ne voulait pas que son mari la voit pleurer ainsi. Elle détestait que quelqu’un la voit pleurer.
Quand elle était plus jeune, elle se tournait toujours vers la fenêtre quand elle pleurait, car elle voulait ne pas être dérangée. C’est ce qu’il se produit, car Darcy mit presque une heure à s’apercevoir que son épouse pleurait. Elle avait légèrement tourné la tête, suffisamment pour qu’il s’aperçoive que sa joue était baignée de larmes.  Il s’approcha d’elle, la prit dans ses bras, et s’excusa longuement. « Amanda, mon ange, je suis désolé, si désolé… Je n’aurais jamais dû vous emmener ici. Vous aviez raison, tout a mal terminé, et c’est entièrement ma faute. Je n’ai pas réfléchi aux conséquences de mes actes, et vous en souffrez par ma faute. Je voulais régler mes comptes avec elle, mais vous n’aviez rien à faire dans cette histoire. Pardonnez-moi. »

Elle sanglotait tellement qu’elle ne pût dire un mot. Il la serra donc dans ses bras et la consola du mieux qu’il pût. Elle pleura ainsi pendant la moitié du trajet, et passa l’autre moitié à dormir. Le choc et la tristesse l’avaient épuisée. Elle se réveilla peu avant d’arriver. Darcy lui adressa un sourire compatissant. Elle se blottit alors dans ses bras, au bord des larmes. En haut de l’escalier, Georgiana les attendait. En voyant Amanda,
elle s’aperçut vite que quelque chose n’allait pas. Elle ignorait évidemment d’où ils venaient, sinon elle aurait immédiatement deviné ce qu’il s’était passé. Elle décida donc de retourner au salon de musique. Elle apprendrait bien assez tôt ce qu’il s’était passé.

Darcy et Amanda allèrent déjeuner, mais cette dernière ne mangea presque rien, et ne souffla pas un mot. A la fin du repas seulement, elle dit à son mari : « Je vais me coucher. »

-Je vous rejoins dans cinq minutes.

-Pas question. Je veux être seule.

-Je ne vous laisserais pas seule dans cet état. Ce n’est pas la peine de négocier, je viendrais, un point c’est tout. »

Amanda, voyant  qu’elle n’avait pas le choix, accepta à regret. Elle monta donc dans sa chambre. Pendant ce temps, Darcy prit du papier, un plume, et écrivit à Jane Bingley.

 

Chère Jane,

Je vous saurais gré de venir à Pemberley le plus vite possible, car Amanda est vraiment très mal. Je crois qu’elle fait une dépression. Ce matin nous sommes allés à Rosings Park, voir Lady Catherine, mais rien ne s’est passé comme prévu. Je vous tiendrais informée de ce sujet lorsque vous serez ici, mais pour le moment, c’est Amanda dont il faut se préoccuper. Elle n’a rien mangé ce midi, et vient d’aller se coucher. Elle ne parle pas, ou très peu, et durant le trajet de retour, elle n’a pas cessé de pleurer. Je suis désolé de vous presser ainsi, et je ne le ferais pas si la situation n’était pas aussi catastrophique.

Avec mes amitiés,

F. Darcy

 

Il chargea un domestique de faire porter cette missive au plus vite à Netherfield, puis rejoignit Amanda dans sa chambre. Elle était en train de pleurer, mais quand elle entendit son mari approcher, elle sécha ses larmes et fit semblant de dormir. Darcy ne s’y laissa pas prendre, mais la laissa tranquille, sentant qu’elle avait besoin d’être seule. Quand elle s’endormit pour de bon, Darcy se glissa sous les draps, et prit sa bien-aimée dans ses bras. Lui-même fut gagné par le sommeil quelques minutes plus tard. Il fut réveillé par un domestique, qui frappait à la porte. Il lui annonça que le
dîner serait servi dans une heure. « J’ai donc dormi plus de trois heures. » constata-t-il. Ils avaient déjeuné tard, aussi n’avait-il pas très faim. Il se leva, mais laissa Amanda dormir. Il ne la réveilla que quelques minutes avant d’aller dîner. Elle s’habilla, et ils descendirent ensemble dans la salle à manger. Darcy avait prévenu les cuisiniers qu’il voulait un repas spécial. Il pensait que cela remonterait le moral da son épouse. Lorsqu’ils entrèrent, Georgiana les attendait déjà. Elle constata que l’état d’Amanda n’avait pas connu d’amélioration flagrante.

Le dîner fût servi, et Amanda retrouva un peu d’appétit. Darcy avait été judicieux dans le choix des plats, car il n’avait demandé que des choses qu’Amanda aimait beaucoup. Elle mangea presque entièrement son saumon, et une part de tarte aux prunes. Darcy fut ravi de voir que son épouse
avait retrouvé l’appétit. Elle ne mangea pas beaucoup, mais ce fut une victoire pour lui. Après le dîner, il voulût l’occuper pour lui éviter de penser. Il lui
proposa une partie de cartes, qu’elle accepta sans entrain particulier. Malgré tout, elle joua quelques parties, jusqu’au moment où, alerté par un bruit de chevaux, son époux se rendit à la fenêtre. Il était heureux de voir que M. et Mme Bingley s’étaient déplacés aussi rapidement. Il se rendît à la porte pour les accueillir, et les mena jusqu’à Amanda. En les voyant, Amanda sauta dans les bras de Jane. Elle ne s’attendait pas à voir arriver sa chère amie, alors qu’il était déjà si tard. Pendant ce temps, Bingley s’entretenait déjà avec son ami sur ce qu’il s’était passé le matin même. Jane tenait à parler à Amanda seule à seule, aussi Georgiana se trouva-t-elle seule. Elle décida donc d’aller se coucher, et prit congé des hommes, qui étaient restés dans le salon, alors que ces dames étaient montées dans la chambre d’Amanda. Jane fut alors impatiente de comprendre ce qu’il s’était passé. Amanda le lui expliqua, en versant quelques larmes. Jane fut abasourdie par les propos de Lady Catherine. Elle se demanda comment pareille méchanceté était imaginable. « Jane, vous êtes bien trop bonne avec les autres. Vous ne pouvez soupçonner le degré de méchanceté qui se promène en ce moment dans le monde, c’est au-dessus de tout ce que vous pourrez voir dans toute votre vie. »

-Je sais que j’ai tendance à ne pas vouloir juger les gens trop vite, c’est contre ma nature. Vous a-t-elle parlé de l’annulation du mariage ?

-Oh que oui. Je n’ai pas tenu « ma promesse » alors elle me l’a fait payer…

-Ne vous en faites plus pour ça. A partir de maintenant vous ne la reverrez plus, alors pourquoi continuer à y penser ?

-Vous avez raison. » dit Amanda en souriant.

Jane proposa à son amie de retourner au salon, mais cette dernière déclina l’offre, prétendant qu’elle était exténuée. Jane retourna auprès de son époux, laissant Amanda seule. Elle était triste, et comptait chasser cette tristesse en s’endormant le plus vite possible. Elle ne réussit
malheureusement pas à trouver le sommeil si bien que lorsque son mari entra dans la chambre, presque deux heures plus tard, il la vit se retourner dans son lit plusieurs fois en à peine une minute. Il se changea, se coucha et attira Amanda près d’elle. Elle se blottit dans ses bras, et se laissa bercer par son époux. Jamais elle n’aurait pu imaginer qu’il pourrait être aussi tendre avec elle. Lorsqu’elle l’avait vu pour la première fois, il lui avait paru si
inamical que jamais elle n’aurait pu croire qu’au fond de son cœur, il était tombé amoureux d’elle. Elle qui n’avait pas compris le message que son propre cœur voulait lui transmettre. Elle avait pensé si longtemps détester cet homme fier et hautain, alors qu’en réalité elle l’aimait de son cœur. Elle s’était sentie abandonnée lorsqu’il avait demandé Caroline en mariage. C’était la pire des trahisons pour elle. Ils s’étaient avoués mutuellement leurs sentiments, et pour une sordide histoire, elle s’était retrouvée au rang des prostituées. Puis elle était partie retrouver Elizabeth. Elle ne pût y croire lorsqu’elle vit Darcy sur le trottoir. Il l’avait suivie pour lui dire toutes ces choses… Sur le moment, elle en avait oublié Michael. Elle éprouvait beaucoup de remords depuis ce jour, bien qu’il lui ai fait comprendre que tout était fini. Il avait vendu son bien le plus précieux pour lui faire plaisir, et elle l’avait
remercié en disparaissant et en le laissant tomber… Plus tard, elle s’endormit sur ces sombres pensées.

Chapitre 8 : Première journée

Classé dans : Chapitres — 28 octobre, 2012 @ 6:52

Amanda se réveilla dans les bras de son époux, ce qui était surprenant pour elle, car elle détestait être bloquée dans ses mouvements quand elle dormait. Elle se tournait et se retournait souvent, et n’avait jamais supporté qu’aucun de ses petits amis ne la prenne dans ses bras la nuit. « Il doit avoir une présence apaisante sur moi. » se dit-elle. Elle se défit de l’emprise des bras qui la tenaient fermement et alla s’habiller. Elle n’était pas debout depuis cinq minutes que son mari la rejoignit dans sa penderie. Il lui indiqua la robe qu’il préférait, soit la bleue turquoise que lui avait en partie payé Wickham. Elle se garda bien de le lui dire et l’enfila. Ils descendirent ensuite
déjeuner. Georgiana les attendait déjà dans la salle à manger. « Comment allez-vous Amanda ? Avez-vous bien dormi ?

-Très bien, merci. Ces chambres sont si confortables qu’il est impossible de ne pas se sentir chez soi tout de suite.

-Je suis heureuse que votre chambre vous plaise. »

Ils déjeunèrent, et Darcy demanda à sa femme de se préparer à sortir. Elle lui demanda où ils devaient aller, mais il lui répondit que c’était une surprise. Elle se prépara, et descendit. Ils devaient aller au village, mais Darcy refusait de lui dire précisément ce qu’ils allaient y faire. Ils arrivèrent en à peine dix minutes, et Darcy l’emmena chez une couturière, afin qu’elle se pare des plus belles robes du comté.

Il lui prit la main, et ils entrèrent chez Mme Landy. Elle accueillit chaleureusement Darcy, dont la sœur était une de ses meilleures clientes, et il lui présenta alors son épouse. Il lui dit qu’elle avait besoin de nouvelles tenues, et qu’il voulait qu’elle lui présente les différents tissus existants, Amanda n’y connaissant pratiquement rien. Elle s’y attelat donc. Amanda trouva le choix de tissus effarant, et ne sut que choisir. Son mari l’aida du mieux qu’il pût. Il ne fut pas d’une grande aide, sa femme et lui ayant des goûts assez différents. Elle aimait beaucoup le noir et les couleurs sombres, ou bien le blanc, mais pas vraiment les couleurs voyantes. La seule robe qu’elle pouvait supporter d’une couleur vive était sa robe turquoise. Le violet pouvait aussi lui convenir dans une certaine limite, mais pour le reste, elle resta sur ses positions. Comme elle n’était pas très portée sur les vêtements (elle n’aimait pas faire du shopping pour s’acheter des habits), ils firent seulement faire cinq robes (extrêmement peu pour l’époque) : deux robes de soie blanche, une robe noire en mousseline, une robe grise en coton, et une violette, de nouveau en soie. Dès qu’ils furent sortis, Darcy exprima son mécontentement : « Amanda, on ne porte pas de noir dans les bals ou les soirées. Ce serait inconvenant, on pourrait croire que vous être en deuil, or on ne sort pas dans le monde quand on est en deuil.

-Oh, je vous en prie, je ne suis pas une enfant ! Je suis assez grande pour décider de ce que je veux porter.

-Je le sais, et je n’ai pas dit le contraire. Mais vous auriez pu choisir des couleurs plus… Vives. Cela aurait été beaucoup moins inconvenant.

-Mais j’aime le noir, et je n’en ai commandé qu’une car je savais que vous alliez me faire une remarque. Croyez-moi, j’en aurais fait faire beaucoup plus de cette couleur si j’avais pu. Je mettrais plus souvent les robes blanches si vous voulez, mais vous ne pourrez m’empêcher de mettre la noire. Et puis j’ai aussi commandé du
violet ! N’est-ce pas une couleur vive ?

-Oui, mais vous n’en avez qu’une seule.

-J’ai aussi la turquoise, et aussi la rouge ! Et maintenant, cela me fait deux robes grises. Je ne vois pas ce qui vous gêne.

-Bien, faites comme il vous plaira. » dit-il sèchement.

Ils repartirent, et restèrent silencieux le temps du trajet. A peine arrivée, Amanda retourna à sa chambre et y resta jusqu’au déjeuner. Pendant un instant, elle voulut se changer, et
mettre les vêtements avec lesquels elle était arrivée chez les Bennet la première fois, mais décida de ne pas irriter son mari encore plus qu’il ne l’était déjà. Elle descendit, et ne trouva personne dans la salle à manger. Elle attendit donc pour commencer à manger, mais s’aperçût bien vite qu’elle
déjeunerait seule. Elle en demanda la raison à sa femme de chambre, qui lui répondit : « Mlle a été appelée à rendre visite à une amie, et M. a un rendez-vous d’affaire. ».

Amanda la remercia et lui demanda s’il lui était possible de manger maintenant ou si elle devait attendre le
retour de son mari. Bien sûr, il n’y eut pas besoin d’attendre son retour, aussi se mit-elle à table. Elle déjeuna, et décida, ne voyant pas revenir ni son mari, ni sa belle-sœur, d’aller pour la première fois visiter l’écurie. Une fois arrivée, elle eut une envie soudaine de monter à cheval, mais elle se
rendit compte qu’elle n’était pas habillée pour monter. Elle retourna à sa chambre et enfila son jean, sa tunique, et une paire de bottes.

Elle demanda à un écuyer qu’on lui fît seller un cheval docile, car elle n’avait pas monté depuis quelques années. On lui attribua donc Tuptim, la jument la plus calme de toute l’écurie. Elle refusa l’aide que lui proposa l’écuyer et se hissa seule sur la jument. Elle
partit au pas, le temps de se remettre les gestes essentiels en tête. Elle se laissa guider quelques minutes, puis reprit les rênes. Elle fit partir le
cheval au trot, et admira le paysage du haut de son destrier. Elle avait toujours eu peur d’aller au galop, aussi décida-t-elle de ne pas tenter le
diable, et de laisser à un professionnel le soin de le lui réapprendre. Elle se promena ainsi pendant près d’une heure lorsqu’elle vit un cheval approcher au galop. Elle eut à peine le temps de reconnaître son mari qu’il était déjà devant elle. Il était essoufflé, et dut respirer quelques instants avant de
pouvoir parler. « Amanda ! Quelle idée vous est passée par la tête ? Chevaucher toute seule, sans prévenir personne ! Je vous ai cherché dans tout le domaine avant que l’on m’apprenne que vous étiez partie à cheval. J’ai eu si peur que je suis parti immédiatement pour vous
chercher !

-Il ne fallait pas vous inquiéter, je ne serais pas partie à cheval si je ne savais pas monter. J’ai quand même mon galop 1 ! Bon d’accord, je ne suis jamais allée le chercher au centre équestre, mais je l’ai quand même.

-Pardon ? Je n’ai pas compris je pense.

-Non rien… Mais je sais monter ! Je faisais de l’équitation avant, je sais comment monter et m’occuper d’un cheval.

-Vous… Vous en êtes bien sûre ?

-Oui.

-Bien. Maintenant que je suis là, que diriez-vous de rentrer ? »

Elle accepta, et avant qu’elle puisse dire un autre mot, il partit au galop. Elle se retrouva donc confrontée à un problème. Elle respira profondément et se dit : « Allez, ça devrait le faire. Surtout, tiens bien la crinière, pas la selle. Ne lâche pas les rênes, et colles-toi contre l’encolure. ». Elle intima donc à sa jument d’aller au galop. A peine deux minutes après qu’elle soit partie, elle se sentit glisser sur le côté. Elle pesta de n’être pas partie au trot, juste
avant de tomber. En arrivant à terre, elle se fit mal au dos, mais ce n’était rien de grave. Darcy vit en se retournant qu’elle était à terre, et repartit
aussitôt dans sa direction. Il sauta à terre, et courut vers son épouse. « Amanda ! Est-ce que tout va bien ? Êtes-vous blessée ? Oh mon amour, je savais qu’il ne fallait pas que vous montiez !

-Tout va bien. J’ai juste un peu mal au dos, mais c’est dû au choc. C’est juste que ne suis plus habituée à galoper, du coup j’avais un peu peur, mais j’y suis quand même allée.

-Mais pourquoi ?

-Et bien… Je n’avais pas eu le temps de vous le dire que vous étiez déjà parti.

-Vous auriez dû aller à votre
rythme plutôt que de chercher à galoper contre vos peurs. Bien, je vais vous reconduire à votre chambre. »

Il la prit dans ses bras, mais
elle refusa de se laisser porter. « Non, Darcy, je vous en prie, je veux
remonter.

-Hors de question.

-S’il vous plaît ! Si je ne remonte pas maintenant, je ne le ferais jamais. Je tiens à monter à nouveau.

-Amanda… Vous êtes tellement têtue. Je vous laisse remonter, à condition que vous n’alliez ni au trot ni au
galop.

-Darcy, je sais trotter tout de même !

-N’insistez pas, Amanda. »

Elle ne dit plus rien et remonta sur Tuptim, avec l’aide de son mari. Ils se dirigèrent vers l’écurie, puis Darcy demanda aux laquais de s’occuper de chevaux. Il insista pour porter Amanda jusqu’à sa chambre, ce qu’elle accepta. Il la déposa sur son lit et lui recommanda de se reposer. Il lui dit aussi qu’elle avait tout son temps, car ils dîneraient plus tard. Puis, il la laissa seule dans sa chambre. Elle ne trouva pas le sommeil, car elle avait bien trop chaud pour pouvoir dormir. Elle se leva pour prendre son livre préféré, et constata que son mal de dos avait déjà diminué. Elle se remit au lit et continua sa lecture. Elle n’avait pas passé la demande de M. Collins à Elizabeth qu’on frappa à la porte. Sa femme de chambre entra et lui demanda comment elle se portait et si elle avait besoin de quelque chose. Elle lui répondit qu’elle allait mieux mais qu’elle n’avait besoin de rien. Elle s’affaira donc à ranger les vêtements fraîchement lavés de sa maîtresse, puis se retira.

Puis, Amanda se lassa de rester dans son lit, et se leva. Elle s’habilla et décida d’explorer le deuxième étage, où elle allait pour la première fois. Le couloir était identique à celui de l’étage inférieur, et le nombre de portes était le même. Il y avait toutefois une différence. Au lieu de donner sur un escalier, le fond du couloir donnait sur une porte. Amanda essaya de l’ouvrir, mais elle était fermée à clé. Elle n’insista pas, et alla au salon
vérifier si Georgiana n’était pas rentrée. On lui apprit que non, alors elle attendît sur le sofa. Sa belle-sœur arriva moins d’un quart d’heure plus tard.
Les habitants de Pemberley se retrouvèrent donc à table. Darcy et sa sœur parla quelques minutes avec sa sœur de ce qu’elle avait vu l’après-midi, puis le silence s’installa. Amanda le rompit la première en demandant :
« Qu’y a-t-il derrière la porte du fond du couloir au deuxième
étage ?

-Euh… C’est une remise, mais la clé a été perdue il me semble. » lui répondit son mari d’une voix mal assurée. Amanda n’était pas convaincue par sa réponse, mais ne dit rien de plus. Très désireux de changer de sujet, son mari lui demanda si son dos allait mieux, ce à quoi elle répondit qu’elle n’avait presque plus mal. Georgiana, qui n’était pas au courant de ce qu’il s’était passé, demanda : « Son dos ? J’ai raté quelque chose ?

-Figure-toi qu’Amanda a décidé cet après-midi de monter à cheval, et qu’elle est tombée. Evidemment elle n’a pas voulu qu’on l’aide à monter, et on voit le résultat.

-Allez-vous bien Amanda ?

-Très bien, je vous assure. Et contrairement à ce que dit votre frère, je sais monter. Je n’ai pas besoin d’aide. Si je veux apprendre le piano, je demanderai à Georgiana, et si je veux apprendre, disons le maniement des armes, je vous demanderais. Mais en ce qui concerne le cheval, je sais en
faire.

-Néanmoins vous ne savez pas galoper.

-Je sais galoper, là n’est pas le problème. Vous interprétez mal mes paroles. J’ai seulement perdu l’habitude, parce que je ne suis pas montée depuis des années, mais du reste, je sais galoper. Laissez-moi le temps de réapprendre et vous verrez.

-En effet, dans un premier temps nous verrons si vous pourrez remonter. »

Amanda n’insista pas, et Darcy clôtura ainsi la discussion. Le reste du repas se passa en silence. Ils se dirigèrent ensuite vers le salon de musique, où Georgiana leur joua quelques airs au piano. Puis, vint le temps du coucher. Amanda monta la première, suivie par son époux. Ce dernier s’endormit si vite qu’Amanda n’eut pas le temps de se changer.

Chapitre 7 : Départ et Arrivée

Classé dans : Chapitre 7 — 19 octobre, 2012 @ 7:38

Le lendemain, Darcy se réveilla avant sa bien-aimée dans le but de lui faire une surprise. Il lui avait acheté une chaîne en or ainsi qu’un
pendentif. Quand il vit la position dans laquelle était Amanda, il fut découragé d’arriver un jour à lui mettre la chaîne autour du cou. Quelques instants plus tard, elle changea de position, comme si elle avait comprit que son mari le voulait. Il réussit donc à lui accrocher la chaîne autour du cou et se rendormit. Peu après ce fut au tour d’Amanda de se réveiller, gênée par les perles qui lui restaient de la veille. Elle se leva, et alla s’asseoir à sa coiffeuse pour retirer les perles que son mari n’avait eu le courage de retirer lui-même la veille au soir. Elle était si concentrée sur son ouvrage qu’elle ne vit pas Darcy s’approcher d’elle, et elle sursauta quand il posa sa main sur l’épaule de sa chère compagne. « Pardonnez-moi, je pensais que vous m’aviez vu.

-Non pas du tout, mais ce n’est rien. Comme vous le voyez j’étais en train de retirer les perles que vous avez « oubliées » hier soir. C’est elles qui m’ont réveillée.

-Veuillez m’excuser, je ne pensais pas qu’elles puissent autant vous gêner.

-De toute façon j’étais sur le point de me réveiller. »

Elle se leva et embrassa son époux. C’est à ce moment qu’elle remarqua quelque chose qu’elle ne portait pas hier soir. Elle regarda le collier, et remercia son époux aussi chaleureusement qu’elle put. « Ce n’est rien  d’autre, ma chère, qu’un présent de mariage.

-Mais… Oh je suis désolée, si désolée, je n’ai rien du tout à vous offrir ! dit-elle, au bord des larmes. Je ne pensais pas que…

-Chut. Ma chère s’il vous plaît, ne vous sentez coupable de rien. Ce n’est pas dans les habitudes d’un époux d’offrir un cadeau à sa femme, mais c’est dans les miennes de gâter les personnes qui me sont chères. Je ne veux rien de vous, si ce n’est que vous soyez à mes côtés jusqu’à la fin de ma vie. L’amour que vous me portez est quelque chose qui ne peut s’acheter ni avec des cadeaux, ni avec de l’argent. Si je n’avais pas d’argent, cela n’y changerais rien, car je vous aime de tout mon cœur. »

Elle ne répondit rien et se blottit dans ses bras.

Plus tard, ils descendirent déjeuner en compagnie de Georgiana, Jane et Bingley. Quand ils eurent fini, ils retournèrent à leur chambre pour finir leurs bagages, car ils devaient repartir après déjeuner.

Le temps du départ fut venu, et les aurevoirs entre Jane et Amanda furent déchirants, même si Jane promit de leur rendre visite dès qu’Amanda serait installée confortablement à Pemberley.

Le voyage dura quatre heures, pendant lesquelles Darcy et sa sœur s’endormirent. Amanda quant à elle ne put dormir. Elle se contenta donc de regarder le paysage, et de lire un certain livre qu’elle s’était acheté à Londres, en même temps que sa robe de mariée. Elle s’assura que son mari dormait, et commença sa lecture. Elle eut le temps de lire le quart du roman avant que sa belle-sœur ne se réveille. Elle cacha donc en hâte le livre dans
son sac, et demanda à Georgiana si elle avait bien dormi. Elle lui répondit positivement, même si elle avait été troublée par un rêve étrange. Son
bien-aimé, quant à lui, dormit tout le long du trajet. Amanda retint son souffle lorsque Georgiana lui annonça qu’ils arrivaient dans le parc de Pemberley. Elle était déjà venue bien sûr, mais jamais elle n’aurait pu imaginer, en arrivant avec Lydia et Mme Bennet, d’en être la maîtresse ! Elle l’avait espéré, pendant presque une heure, avant qu’un fâcheux imprévu la fasse redevenir seulement « la prostituée de Hammer Smith ». Cette résidence était un lieu rempli de mauvais souvenirs pour elle, mais aussi de sentiments plus heureux. Tous les évènements qui s’étaient déroulés durant son court séjour ici lui revenaient en mémoire. Dans son esprit se mêlaient déception, amour, joie, tristesse, surprise et colère. Elle ne pensait qu’à ça, et de ce fait n’entendit pas les remarques de Georgiana sur telle ou telle chose qu’elle voyait.

La plupart des domestiques étaient présents pour accueillir la nouvelle Mme Darcy. La nouvelle du mariage de leur maître avait fait grand bruit parmi tous les domestiques. La plupart d’entre eux pensait qu’un tel évènement ne pourrait jamais arriver, aussi leur joie fut-elle immense. Par ailleurs, ce fut non le mariage, mais la mariée qui fut l’objet de commentaires variés. Certaines personnes qui l’avait rencontrée la décrivaient comme fort jolie, intelligente, agréable, quoiqu’un peu étrange. On mit ça sur le compte de ses origines maritimes, rumeur qui ne cessait de se répandre comme une traînée de poudre. Ceux qui ne l’avaient jamais vue la dirent peu maline, d’une beauté quelconque, et on se demandait comment elle avait pu séduire l’homme le plus riche du Derbyshire. Le sujet était sur toutes les lèvres, sitôt que deux personnes se rencontraient, elles ne parlaient que de l’arrivée imminente de cette Demoiselle Price.

Darcy sortit le premier de la voiture, suivi par sa sœur et enfin sa femme, qu’il aida à descendre. Ils saluèrent les domestiques et entrèrent. Il était l’heure de diner, alors une domestique les conduisit à la salle à manger. Amanda avait oublié à quel point cette pièce était immense et majestueuse. Son cœur battait de plus en plus fort à mesure qu’elle avançait dans la pièce. Darcy sentit son malaise et lui prit la main. Il lui sourit, et elle lui rendit un sourire crispé. Ils dinèrent, puis Georgiana exprima le désir de se remettre au piano. Amanda demanda si elle pouvait assister à ses exercices, ne l’ayant jamais vue jouer. Elle accepta avec enthousiasme, arguant qu’elle n’avait guère eu de nouveaux auditeurs depuis un certains temps. Amanda fut émerveillée par le talent de cette jeune fille, mais elle était extrêmement fatiguée, n’ayant pas dormi durant leur voyage. Elle mit donc fin à ce récital privé en priant Georgiana de l’excuser, mais elle luttait pour rester éveillée. Georgiana s’excusa à son tour de l’avoir fait veiller si tard, puis elle lui souhaita bonne nuit, et se retira elle-même dans ses appartements. Amanda se rendit compte très vite qu’elle ignorait quelle chambre lui avait été attribuée. Elle fut donc contrainte de rester sur le sofa de la salle de musique, sur lequel elle s’endormit en attendant son époux. Plus d’une demi-heure plus tard, il entra, et fut surpris de découvrir Amanda endormie dans cette salle. Il la réveilla en douceur, et lui demanda : « Ma chère, vous n’étiez pas obligée de m’attendre ! Pourquoi n’êtes-vous pas montée à votre chambre ?

-Pour la simple et bonne raison mon cher Darcy, que je ne sais pas où se trouve ma chambre.

-Quelle impardonnable erreur de ma part ! Veuillez me pardonner pour cet outrage.

-Un outrage, rien que ça ! Vous avez un peu tendance à exagérer je trouve. Ne vous excusez pas, j’aurais dû le demander avant.

-Que diriez-vous que je vous montre vos appartements ma chère ?

-Avec plaisir. » dit-elle en souriant. Il l’embrassa, puis lui tendit son bras pour éviter qu’elle ne souffre trop de la fatigue. Ils montèrent au premier étage, et Darcy lui dit : « Laquelle de ces portes donne à votre chambre ?

-Je ne sais pas, il y en a tellement…

-Choisissez-en une, je vous dirais si cela est exact ou non. »

Elle choisit la troisième porte de droite, la première porte de gauche, la cinquième porte de gauche et enfin la deuxième porte de droite. Il riait de la voir réfléchir et se tromper ainsi. Elle prit un air offensé, alors, il lui montra la porte. C’était la quatrième porte de droite, contiguë à celle de Darcy. Il la fit entrer, en la guidant vers sa penderie, lui expliquant la décoration, et les précédents propriétaires de cette chambre. Elle fut émerveillée. Son époux lui demanda si sa chambre était à son goût. Elle répondit que oui, et émit le désir d’aller se coucher. Elle se prépara donc à se coucher, puis s’endormit en posant la tête sur l’oreiller.

Chapitre 6 : Second Mariage

Classé dans : Chapitre 6 — 11 octobre, 2012 @ 9:11

Ils arrivèrent devant l’église, et l’angoisse d’Amanda redoubla. Jane et Bingley entrèrent, car les témoins devaient être là avant la mariée. Puisque son père ne pouvait être présent, Amanda avait choisi M. Bennet pour lui donner le bras. Il lui demanda si elle était prête, et Amanda répondit en souriant : « Non, mais je n’ai pas le choix ! ». Ils entrèrent donc, et à cet instant, elle vit sa vie défiler devant ses yeux. Elle allait enfin réaliser ce qu’elle avait espéré si souvent, sans penser une seconde que cela serait un jour possible. Epouser M. Darcy ! Quelle jeune
femme n’en a jamais rêvé ? Elle ne put regarder Darcy en face, mais si elle l’avait fait, elle aurait pu voir l’expression qui peignait son visage. Même pour ceux qui le connaissaient bien, ce visage leur aurait été totalement inconnu, car il n’avait jamais souri ainsi, même en présence de sa sœur. Au
moment où M. Bennet donnait la main de la future mariée à darcy, ce dernier fut incapable de bouger pendant près de dix secondes qui parurent interminables. Amanda fut également incapable de bouger, ce qui explique pourquoi elle n’a pas elle-même tendue sa main. Mais il la prit finalement, et la cérémonie put commencer.

Une demi-heure plus tard à peine, la cérémonie prit fin, et M. Darcy sortit de l’église, portant Amanda dans ses bras. Ils furent acclamés par tous les invités (ou presque). Tout ce beau monde se dirigea alors vers Netherfield, où le bal était déjà prêt depuis de nombreuses heures. Les jeunes mariés ouvraient le bal, accompagnés de Jane et M. Bingley, puis suivis par de nombreux danseurs. Darcy ne voulait danser qu’avec sa bien-aimée, mais comme elle reçut de nombreuses invitations, il se vit contraint de changer se plans.
Elle dansa donc avec Bingley et le colonel Fitzwilliam (qu’elle vit pour la première fois, mais qu’elle connaissait évidemment déjà) avant son mari ne
devienne trop jaloux de l’attention qu’elle accordait à ces messieurs, et fut donc contrainte de les abandonner pour danser de nouveau avec son époux.
Quiconque n’aurait  pas vu Darcy depuis longtemps aurait pu s’apercevoir du changement qui s’était opéré sur lui depuis qu’il avait acquis l’amour
d’Amanda. Il fut rayonnant toute la soirée, à l’instar d’Amanda. On interrompit le bal pour diner. Les jeunes mariés étaient évidemment en bout de table, avec leurs connaissances les plus proches près d’eux. Tous dinèrent joyeusement, et, à l’approche du dessert, Bingley voulut dire un mot aux jeunes mariés. « Mes chers amis, je sais qu’il est de coutume que ce soit le père de la mariée qui s’exprime de cette manière, mais puisqu’il n’est pas ici, je me permet de le faire à sa place. Tout d’abord, je tiens à féliciter mes chers amis pour ce mariage, je ne pouvais espérer avoir Mlle Price pour quasi belle-sœur. Je tiens aussi à faire reproche à mon ami, car j’ai toujours pensé qu’il ne se marierait jamais. Mais merci de tout cœur de m’avoir montré que j’avais tort, car vous formerez le couple le plus heureux que je connaisse. Bravo à vous deux. Amanda, comme vous le savez, nos relations n’ont pas toujours été ce qu’elles sont aujourd’hui. Alors je veux dire à mon ami, ainsi qu’à vous, que grâce à vous je suis revenu dans le droit chemin, et que j’y ai trouvé mon bonheur. Tout ce qui est arrivé, c’est à vous que je le dois, Mlle Price. Acceptez mes remerciements et mes vœux les plus sincères, car vous méritez plus que quiconque d’être heureuse. »

Amanda en fut émue aux larmes, et Darcy fut profondément touché par ce discours. Tous les invités applaudirent, même Caroline Bingley. On mangea le dessert, puis le cours du bal reprit. Amanda était si souvent demandée à danser qu’elle ne savait plus où donner de la tête. Elle était partagée entre son devoir d’hôtesse de la soirée et d’épouse, si bien qu’elle dit à son mari : « J’ai décidé de faire la grève de dans pendant au moins quatre danses !

-Comme vous voudrez, ma chère, mais c’est vous que vous allez punir, et non les autres. Je ne vais pas vous empêcher de danser avec d’autres que moi, même si j’aimerais danser avec vous plus souvent.

-N’est-ce pas un pointe de jalousie que je vois dans votre regard ?

-C’est possible… »

Elle sourit à ces mots et lui promit de faire un effort. Elle renonça à son idée de grève et fit danser son époux plus d’une vingtaine de minutes de suite. Le bal se termina sur les coups de quatre heures du matin, et enfin les résidents et invités de Netherfield purent aller se coucher. On mit à la disposition d’Amanda une domestique afin de l’aider à retirer sa robe, mais déclina l’offre, pensant que son cher et tendre y arriverait fort bien
tout seul. Elle monta donc dans sa chambre, et fut rejointe par Jane, qui l’aida à retirer quelques perles de ses cheveux. Puis, elles conversèrent quelques minutes, avant que cette dernière ne prenne congé pour laisser les mariés en paix.
Elle attendit quelques minutes, quand on frappa à la porte. Elle alla ouvrir, et fut on ne peut plus heureuse de voir son mari dans l’encadrement de la
porte. Il entra, et elle se remit devant sa coiffeuse, et continua de retirer les perles qui lui restaient. Darcy prit ses mains, les embrassa, et lui
dit : « Laissez-moi faire. Ne faites rien, ne bougez pas. Je m’occupede vos cheveux.

-Ah, enfin un domestique personnel. Depuis le temps que j’en rêvais !

-Ne rêvez pas trop ma chère. Ce n’est que l’euphorie du premier soir, car à partir de demain, vous devrez vous débrouiller toute seule !

-Ce n’était pas stipulé dans le contrat ! Je suis déçue, moi qui espérais par mon mariage avoir plus de choses à ma disposition… Peut-être que Lady Catherine accepterait de défaire ce qui a été fait, qu’en pensez-vous ?

-Je pense qu’il faudrait l’accord des deux époux, et je compte bien vous séquestrer ici avant que vous ne soyez sortie de cette
chambre. » dit-il en riant. Elle rit à son tour, puis se retourna pour regarder l’homme qu’elle aimait de tout son cœur. Il la regarda dans les yeux, puis s’approcha pour l’embrasser. « Ce n’est pas ça qui va enlever ces perles de mes cheveux plus vite ! fit-elle mine de s’insurger lorsqu’il desserra son emprise. Si les domestiques se révoltent, où ira le monde ?

-Me permettriez-vous d’attendre demain pour retirer vos perles ? J’ai déjà votre robe à enlever, et je pense que cela va me prendre un temps considérable.

-Je le pense aussi ! »

Il la prit alors dans ses bras et la souleva comme si elle n’avait pesé plus qu’une feuille morte. Il l’assit sur le lit, puis s’assit à son tour derrière elle, afin de délacer le long ruban qui parcourait son dos. Intérieurement, il était découragé, mais pas une fois il ne fit paraître ce sentiment. Il délaça donc le ruban, tout en parsemant les épaules d’Amanda de baisers. Lorsqu’il eut fini, il ne sut que faire. Amanda se retourna et l’embrassa avec passion. Il la prit dans ses bras et, incapable de retenir plus longtemps ses sentiments, il lui dit : « Oh Amanda, comme je vous
aime. Quand vous êtes apparue dans l’église, j’ai cru voir un ange, dans cette robe immaculée et lumineuse. Je ne saurais dire à quel point j’étais angoissé ces derniers jours, de peur de n’être pas à la hauteur de vos espérances. Je me suis senti si insignifiant quand je vous ai vue cette après-midi. J’ai été effrayé comme il est inconvenant pour un gentleman de l’être à ce point.

-Mon cher Darcy, je comprends ce que vous avez ressenti, car c’est que j’ai ressenti aussi. Je tremblais de peur avant d’entrer dans l’église, M. Bennet peut en témoigner ! J’ai à peine dormi la nuit dernière. J’ai du demander à Jane de dormir avec moi pour me rassurer, et sans elle je n’aurais pas fermé l’œil.

-Mais tout cela est terminé maintenant. Nous sommes unis par les liens du mariage. Je vous aime Amanda. Je n’ai jamais aimé une personne autant que vous. J’ignorais que j’avais des sentiments comme ceux-ci dans mon cœur, et je vous remercie de me les avoir révélés.

-Tout le plaisir était pour moi ! » répondit-elle en souriant.

Il l’embrassa de nouveau, et ses baisers se firent de plus en plus ardents.

La suite pourrait choquer quelques lecteurs et je ne compte pas briser l’intimité de deux jeunes gens qui s’aiment, aussi m’arrêterais-je ici dans la description.

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